Des vols charters de sans-papiers sous bannière européenne
Un avion au dessus des fils barbelés du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, près de Roissy, en 2007. (AFP)
Les dirigeants européens ont décidé vendredi de lancer un projet de vols charters financés par l'UE pour l'expulsion vers les pays d'origine des migrants en
situation irrégulière.
Dans un document adopté à l'issue d'un sommet à Bruxelles, ils demandent «l'examen de la possibilité d'affréter régulièrement des vols de retour communs
financés par l'agence Frontex», l'agence européenne chargée de la sécurité des frontières externes de l'UE.
Le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy s'est félicité de l'initiative. «Personne n'aurait pu imaginer, il y a quelques années, que des gouvernements de
gauche, de droite, du sud et du nord se mettent d'accord sur le principe que quelqu'un qui n'a pas respecté les règles, doit être ramené chez lui par avion, par train ou par tout autre moyen de
façon digne», a dit Nicolas Sarkozy au cours d'une conférence de presse.
«C'est un progrès considérable», a-t-il estimé. «Il faut aller plus loin, je veux des gardes-frontières européens.»
«Part d'humanité»
La proposition de vols européens est directement inspirée par une demande française, soutenue par l'Italie. La France et la Grande-Bretagne ont organisé un vol commun à la mi-octobre pour emmener à Kaboul trois Afghans renvoyés de France et 24
expulsés de Grande-Bretagne.
Et le ministre français de l'Immigration Eric Besson a dit récemment souhaiter la mise en place de vols communs «sous bannière européenne» pour le retour
forcé de migrants dans leur pays d'origine.
Dans un entretien publié vendredi par le quotidien français La Croix, le vice-président de la Commission européenne
Jacques Barrot, chargé des questions d'immigration, a toutefois mis en garde contre le «tout sécuritaire»: «Les États doivent trouver le point d'équilibre entre la part sécuritaire
et la part d'humanité.»